L'ouverture du cadeau, tout un art.

25/11/2011

Entre les trop francs, les trop timides et les trop enthousiastes, on peut le dire: savoir ouvrir un cadeau est une véritable discipline.

Certains sont doués. D'autres, pas.

La réception de cadeau est un art tout aussi complexe que celui de l'offre. Pour bien faire, chacun son truc. Efficace ou non, on réalise que l'on a tous nos "tics" d'ouverture de cadeau.

 

Pour les cadeau non emballés (fleurs, chocolats, vin), il y a les décontractés de la réception " ah merci ! vous avez fait bonne route, sinon ?" et les too much " wouaw !!! Des azalées bleues !!! Mes préférées !! Qu'est-ce qu'elles sentent bons !!! Je vais chercher un vase tout de suite ! ".

Sinon, on commence par l'analyse.

Petit paquet= mine interloquée = " tiens tiens, qu'est-ce que ça peut bien être... "

Gros paquet = grands yeux = " haaan mais vous êtes fous ! Il ne fallait pas, voyons ! "

Paquet de taille moyenne = Regard suspicieux qui essaye de deviner l'objet juste à la forme du paquet = " Trop grand pour un livre, trop court pour une cravate..."

Enveloppe = sourire gêné =  " merci beaucoup, fallait pas 

 

Vient ensuite le déballage.

Il y les arracheurs-déchiqueteurs de papiers cadeau, les méticuleux du scotch et les dégaineurs de ciseaux, selon le degré de patience.

Certaines enveloppes s'ouvrent sur le coup (places de concert et autres billets de théâtre), d'autres s'ouvrent dès que Mamie a le dos tourné. Comment savoir si on doit remercier ou ouvrir ? Sourire gêné.

Certains sacs contiennent d'autres sacs, certains papiers cadeau sont suivis du papier bulle, puis du papier de soie.

A chaque étape, la pression est de plus en plus grande.

On aperçoit un bout du cadeau, on l'a ouvert à l'envers, comme d'habitude, on tombe sur la marque ou la référence produit sur le code barre. On lit "IPhone" mais on fait comme si on n'avait rien découvert, dans le doute, "IPhone" étant peut-être simplement la fin de "Pendentif en forme de chat en plastique pour IPhone".

On a toujours peur de ne pas comprendre, d'être face à une boite, l'ouvrir pour trouver le cadeau, puis réaliser que le cadeau c'est la boite. On a peur de la déception, mais surtout peur de décevoir les autres par notre réaction.

Alors, pour détendre l’atmosphère et relâcher toute cette pression, on dévoile un penchant nouveau pour l'humour.

Un emballage FNAC ? C'est des chocolats ? Mouhahaha !

Oh ! Un tout petit cadeau ! Vous êtes cons les copains, fallait pas m'offrir les clefs d'une voiture !

 

Le pire moment approche, celui qu'on essayait de retarder maladroitement, le moment de La Réaction.

Il y a ceux qui veulent prouver leur engouement et leur joie coûte que coûte: " CA ALORS ! Un appareil à raclettes ! Je vais le brancher on va s'en faire une tout de suite ! "

Ceux qui optent pour le silence qui en dit long, larme à l'oeil.

Les perplexes. " Ah d'accord. Et tu l'as lu toi ? ça parle de quoi ? Il a reçu un prix ? "

Les honnêtes. " Nan nan c'est sympa, t'inquiète, c'est juste que cette couleur... bof, quoi. Mais y'a le ticket, non ? Ils peuvent rembourser en cash ou faut vraiment trouver un autre truc ? "

 

Parce que le cadeau, à trouver ou à recevoir, à donner ou à ouvrir, c'est toujours la même galère. 

Et le même bonheur. 

Pour tout le monde.